dimanche 22 février 2009
Histoire de funambule.
Je déambule sur la cordelette. Elle est fragile, vacillante. Je suis déséquilibrée. Je suis une déséquilibrée. Je n'ai qu'elle, je n'ai pas d'équilibre. Je suis sur mon fil, je suis déséquilibrée. Je n'ai pas la perche qui fait contrepoids. Je me suis lancée sans, je dois finir cette traversée sans aplomb. La question que je me pose : ai-je un filet ? J'avance sur une corde de glaise, glissante et maléable, ai-je un filet ? Je suis déséquilibrée, rien ne fait contrepoids. Je ne suis pas acrobate, je suis accroc, je ne suis pas équilibriste, je ne suis pas équilibrée, et je suis contrainte d'aligner les pas. Je suis funambule, je n'ai peut-être pas de filet, le seul moyen de le savoir, c'est de tomber. Je ne m'écroulerai pas pour le vérifier. Je ferme les yeux, je pense à mon filet. Et j'avance, coûte que coûte. Ce n'est pas à reculons, j'avance en sur-place, j'évite la chute. Je n'ai pas d'équilibre.
samedi 17 janvier 2009
Histoire du chambardement qui ne vient pas.
Cet appétit me démange. J'imagine mais n'ai aucune idée. Il manque l'avant-goût, le désir, et la détermination. Quelle étrange sensation, que de vouloir mais ne pas savoir quoi ! Que reconsidérer, si ce n'est l'absolue vacuité de ma personne ? Et pourtant ! Il y aurait probablement matière à penser, mais toute remise en question nécessite une abnégation égoïste que je suppose intrinsèquement vaine.
Apprivoiser sa propre méfiance, voilà l'enjeu. Contrôler son humeur, pour l'apaisement salvateur. Accepter qu'il n'y ait rien de plus que ce que l'on est présentement, et vivre avec.
Apprivoiser sa propre méfiance, voilà l'enjeu. Contrôler son humeur, pour l'apaisement salvateur. Accepter qu'il n'y ait rien de plus que ce que l'on est présentement, et vivre avec.
vendredi 2 janvier 2009
Histoire du Solitaire.
C'est parce qu'on la maudit qu'on la noircit tant. Quand on est plongé en son intérieur, qu'elle nous lie les poings pour nous empêcher de nous en défaire, on l'a en horreur.
Qui donc n'a jamais tenté de s'échapper des griffes de la solitude ? Parce qu'elle met en évidence qu'il n'est que vacuité dans nos esprits, que seuls, tout nous est hors d'atteinte. Picasso avait pour habitude de dire que rien ne pouvait être fait dans la solitude. Mais tout nous est-il si inacessible ? Pourquoi faire de l'isolement un si mauvais portrait ? Parce qu'il est abandon, d'aucuns diront. Alors, on le fuit et on se figure qu'être entouré est la clé du bonheur. Je dis que non. Mon Malin m'a enseigné qu'on est toujours seul pour soi-même. Il ne sert à rien de s'enticher de choses et d'autres, on ne cherche qu'à combler ce qui est inhérent à sa personne : sa propre solitude.
Il semble si abjecte de s'entendre penser qu'il est préférable d'écouter les autres penser, quelqu'en soit la raison.
Être en paix avec soi-même, c'est être mort.
"On aime pour échapper à la solitude. En avoir conscience, voilà la vraie tristesse."
Histoire de poison.

D’aspirations en agonies, il sera désormais charogne en décomposition, l’impitoyable Esprit Malin qui avait pris refuge dans mon antre cosy, aux charmes délicats du coton ouaté.
Que ne saurais-je l’envier, d’avoir pris fuite sans tergiversation, comme je n’ai jamais su le faire !
Mais le Malin a plus d’un tour dans son sac, et dès que le poison qui le flingue s’estompe, il refait face, à face, et pile alors, il fonce. Il s’assombrit et reprend force. La charogne n’est plus, ou alors, la charogne, c’est moi. Sa ciguë est celle qui me sauve, mais c’est dans ma tête, que le placebo commence son extermination du génie maléfique qui ne m’a pas quitté depuis une année. Ah ! Vengeresse que je suis, je saurai en venir à bout, et quand il m’y pousse, je l’empoisonne encore et en cœur et je m’allonge, je puise en lui ce qu’il me faut de chagrin, comme une peau il se rétrécit en corps jusqu’à l’absorption complète du venin. Qu’il ne me quitte encore une fois, et je serais guérie pour l’heure !
D’ici le prochain mouvement du temps, j’aurai l’âme en paix.
Que ne saurais-je l’envier, d’avoir pris fuite sans tergiversation, comme je n’ai jamais su le faire !
Mais le Malin a plus d’un tour dans son sac, et dès que le poison qui le flingue s’estompe, il refait face, à face, et pile alors, il fonce. Il s’assombrit et reprend force. La charogne n’est plus, ou alors, la charogne, c’est moi. Sa ciguë est celle qui me sauve, mais c’est dans ma tête, que le placebo commence son extermination du génie maléfique qui ne m’a pas quitté depuis une année. Ah ! Vengeresse que je suis, je saurai en venir à bout, et quand il m’y pousse, je l’empoisonne encore et en cœur et je m’allonge, je puise en lui ce qu’il me faut de chagrin, comme une peau il se rétrécit en corps jusqu’à l’absorption complète du venin. Qu’il ne me quitte encore une fois, et je serais guérie pour l’heure !
D’ici le prochain mouvement du temps, j’aurai l’âme en paix.
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